Survivre un peu

Choisir son mal › Le test

Ce test n'a aucune valeur scientifique, il est basé sur mes seules connaissances.
C'est une liste d'états mentaux et émotionnels que j'ai expérimentés.
Si vous vous demandez ce que vous faites sur ce site, ça va peut-être vous le préciser.

 
1- Avez-vous des problèmes pour prendre des initiatives ? Préfèrez-vous suivre les autres ?

2-  Avez-vous déjà vécu seule ? Est-ce que cette perspective vous effraye ?

3-  Avez-vous des moments où vous avez l'impression de vous dédoubler ?
Par exemple lorsque vous vous regardez dansun miroir, vous vous voyez mais avec une impression d'irréel, comme si vous étiez à côté de celle qui se refète dans la glace.

4-  Avez-vous très peu de souvenirs de votre enfance ?

5-  Avez-vous le souvenir d'une enfance très solitaire ?

6-  Avez-vous déjà vécu un vrai moment d'insouciance ?

7-  Avez-vous des problèmes avec la hiérarchie ? Vous retrouvez-vous souvent dans des situations où vous vous battez seule contre tous.te.s ?

8-  Avez-vous des problèmes pour prendre votre place ? Dit-on de vous que vous êtes maladivement timide ?

9- Est-ce que vos ami.e.s ou vos petit.e.s ami.e.s vous ont déjà dit que vous étiez  "pot de colle", que vous leur demandiez trop ?

10- Vous retrouvez-vous paralysée quand quelqu'un.e vous fais une remarque sur votre travail, votre attitude ? Est-ce que cette remarque tourne pendant des jours dans votre esprit ?

11-  Avez-vous tendance à manger trop, ou au contraire à vous restreindre sur la nourriture ? 

12- Avez-vous une maladie chronique : asthme, eczéma, sclérose en plaque, polyarthrite rhumatoïde ?

13- Avez-vous des phobies ? Vous retrouvez-vous paralysée dans certaines situations à cause d'une peur panique ?

14- Faites-vous des cauchemars terrifiants, au point où vous avez peur d'aller vous coucher ?

15-  Avez-vous tendance à ne pas supporter les scènes de violence dans les films (torture, viol) ? Ces scènes tournent-elles ensuite plusieurs jours dans votre esprit ?

 

,,VOS  RÉPONSES ? 

Dans ce test, les questions 3, 4, 14 et 15 évoquent clairement des symptômes d'agression sexuelle dans l'enfance.
Les autres questions sont  des symptômes de maltraitance dans l'enfance, qui ne concernent pas spécifiquement des agressions sexuelles.

Toutes ces questions sont des " symptômes" que j'ai trouvé chez moi. Je les ai classés par ordre d'importance de nuisance dans ma personnalité.

Seule la question 13 ne me concerne pas : j'ai plutôt tendance à foncer quand j'ai peur de quelque chose ou quand quelqu'un m'agace. Je l'ai toutefois ajoutée car parfois, j'ai connu des épisodes d'angoisse. Mais le fond de ma pensée est que lorsqu'on a vécu un inceste, et surmonté le fait que ça nous est réellement arrivé, plus grand chose ne nous fait peur.

Les questions 1, 2 et 5 peuvent sembler paradoxales : comment la solitude peut-elle côtoyer l'impossibilité de vivre seule ? Simplement parce que l'on peut vivre avec d'autres en restant seule dans sa tête. Le fait d'être entourée ne m'a jamais empêchée de me sentir isolée. Mieux encore, mon immense solitude m'a poussée à rechercher sans cesse la compagnie des autres. En réalité, vivre au rythme des autres empêche aussi les cauchemars de remonter à la surface.
Un autre phénomène s'est gréffé là dessus : le fait d'être traitée comme une chose par mon incesteur et ma famille m'a privé de toute pensée personnelle. Si vous ajoutez à cela la confusion provoquée par une enfant confrontée au sexuel alors qu'elle n'a pas l'âge, j'ai grandi sans repère clair de mes limites et de mes beoins. Tout le travail après la découverte de l'inceste a consisté d'abord à savoir ce que je voulais, à arrêter de quémander les avis et l'amour des autres, et, défi suprême, à vivre seule !
La question 9 découle de cette situation : c'est l
a dépendance affective qui résulte de la perte de repère dû à une éducation malsaine. En manque d'amour, immensément seule, j'en ai toujours demandé trop aux autres.

La question 6 a été terrible à écrire : non, aucune légèreté pour les enfants incestées, j'ai toujours un poids dans le coeur, la peur qu'un événement soudain me tombe dessus pour me blesser (pas nécessairement sous la forme d'une agression, ma peur revêt plus la forme d'une sale surprise du destin). J'ai toujours pleuré sans raison, toujours eu du mal à m'endormir le soir. Je n'ai jamais supporté de tenir une conversation superficielle. Même mes souvenirs de jeux d'enfants sont accompagnés de tristesse : je jouais seule la plupart du temps, je n'avais que de vieux jouets incomplets car provenant de mes frère et soeurs plus grandes.  

Les questions  7 et  8 sont celles qui me posent encore des problèmes. Elles concernent la part de moi que perçoivent les autres à laquelle je n'ai pas accès. C'est au travail que se sont joué les pires retours de mon trauma. C'est là que mon abcense de codes sociaux a joué contre moi. Pour faire court : j'ai une grande difficulté en face de celles qui représentent l'autorité, d'une part parce que je n'autorise personne à se sentir supérieur à moi (pour moi tous les humains sont égaux), et d'un autre côté je rue dans les brancards dès qu'on veut m'imposer une décision que je trouve injuste ou stupide. Autant j'accepte l'autorité quand je la juge légitime, autant devant la moindre parcelle de décision que j'estime injuste j'émet des protestations. Bref je ne suis pas très obéissante et j'ai tendance à l'ouvrir pour exprimer mon désaccord, ce qui vous le savez, ne passe pas du tout dans le monde du travail.

La question 10 est l'objet d'un double problème :  en ayant fait un "travail sur moi", j'ai accepté de me mettre en cause très profondément et j'ai réévalué beaucoup de mes attitudes. Donc dès que j'entends que mon attitude ou ms propos posent problème, j'ai le réflxe de me dire "ah il me critique, il doit avoir raison".  Cependant combien de fois j'ai trouvé ces reproches infondés, surtout venant de personnes dont je sais qu'elles n'ont pas fait ce travail de remettre en quesition leur fonctionnement. Lorsque cela arrive, un débat se lance dans mon esprit entre deux tendances : la première me dit : "ah tu as encore fait une bêtise, sens toi coupable" et la seconde "ah mais non, ce n'est pas vrai ce qu'il vient de dire, et voilà pourquoi". C'est très douloureux car j'ai encore du mal à trancher entre me sentir coupable ou retourner dire à la personne que non, elle ne me connaît pas vraiment et elle projette ses problèmes sur moi. 

Les questions 11 et 12 sont des manifestations du corps, qui par définition arrivent difficilement jusqu'à notre conscience. Le rapport à la nourriture dépend de tellement de facteurs ! Quand aux maladies chroniques, le milieu médical n'évoque jamais leur lien avec un traumatisme potentiel, pourtant ce lien est évident lorsqu'on réfléchit un peu, surtout que récemment même la médecine hospitalière a établi une relation entre cancer et choc affectif.
Personnellement je  sais que mon asthme et mes allergies chroniques sont intimement lié à l'inceste que j'ai vécu. Mais qui est en mesure de me prendre au sérieux et surtout de m'aider à les faire disparaître ?