Survivre un peu

Se réparer

 

Comment se réparer ?

Petite, des êtres ou des choses se sont mis sur mon chemin, pour me consoler provisoirement, ou pour que je garde espoir.
Voici ce qui m'a sauvé la vie et ce que j'ai vu servir de bouée de sauvetage autour de moi.

 L'attention pour les plus petits que soi,

L'immense solitude et l'habitude de se taire font que les incestées se retrouvent en sympathie avec toutes celles qui n'ont pas la parole. De ce fait elles finissent par se lier d'amitié avec d'autres créatures considérées comme inintéressantes par les autres enfants : les animaux, les fleurs, les arbres. Elles sont elles aussi privées de parole et l'incestée, murée dans son silence,  sait qu'elles aussi ressentent ou vivent des choses dont les autres humains se désintéressent.

En grandissant, à force d"isolement, ça correspond à un sens de l'observation hors norme.

Personnellement, j'ai passé tellement de longs moments seule dans les cours de récréation.  J'avais des camarades, mais elles avaient une toute autre vie que la mienne. Je me souviens que je me collais contre le grillage le plus loin possible des autres, attendant que ça se passe. Tous ces enfants faisaient trop de bruit et bougeaient trop pour moi. Je préférais rester à distance.

Les animaux

Les animaux m'ont permis de survivre, en m'accrochant à des êtres qui m'ont offert de l'affection sans rien exiger en retour.
Je suis devenue très sensible à la maltraitance animale, car je m'identifie immédiatement à ces êtres qui n'ont pas la parole et que l'ont traite en objet.

Je ne supporte pas les « vidéo gag » et autres stories postées sur les réseaux où l'ont voit des animaux tomber, courir et faire toutes sortes de choses. Car la plupart du temps, si l'on fait attention et si l'on a vécu avec les animaux présentés, on sait que leurs humains les mettent dans des situations difficiles exprès, ou qu'ils les filment alors qu'ils sont en difficulté. Les humains font passer leur bien-être avant celui des bestioles et ça me révolte.

Je dois préciser qu'à 13 ans mes parents m'ont emmenée voir un élevage de poules en batterie. L'horreur. Cette visite m'a fait me promettre de ne jamais consommer ces œufs et de ne plus manger ces pauvres poules vivant entassées dans des cages.

Pour moi, le mouvement végane est une réponse à cette société traumatique qui évolue vers plus de sensibilité. Les animaux ont été une aide salvatrice pour moi : ce furent les seules créatures à ne pas m'infliger de souffrances gratuites, et même au contraire, je pouvais moi-même les faire souffrir sans qu'elles me refusent leur amour inconditionnel.

Jusqu'à sept ans, je jouais seule, dedans ou dehors. C'est à cinq ou six ans que j'ai fait connaissance avec les chats. Ma mère adorait les chats et on a fini par en adopter deux, trouvés dans un bois lors d'une balade. A la fin des années 70 les croquettes étaient rares. Ma mère les nourrissait avec les restes des repas et ils se débrouillaient pour le reste. J'asticotais mon chat préféré, je lui tirait tout le temps la queue, mais il restait toujours bienveillant avec moi. C'est lui qui m'a montré ce qu'était l'amour inconditionnel. Au fond les animaux m'ont sauvée, car ce sont des êtres fiables, constants.

 Attention, passage violent

Ce que je décris là était pourtant quelque chose de tout à fait ordinaire jusque dans les années 2000. La question ne se posait même pas. Seulement pour une enfant maltraitée, cet épisode a encore des répercussions 50 ans après.

L'épisode dont je me souviens avec horreur est le jour ou notre chatte a fait des chatons et qu'à peine nés, j'ai vu mon père les emmener dans la salle de bain. Je suis restée devant la porte et quand il est sorti je lui ai demandé où étaient les chatons. Ils ne couinaient plus et la mère tournait en rond en les appelant. Ce fut un choc très violent pour moi

Je sais maintenant pourquoi je ne supporte pas qu'on maltraite les animaux, ni pourquoi on les considère comme inférieurs. Car ils ont été les seuls à me considérer comme un être vivant, contrairement à la plupart des humains avec qui je vivais. Ils ont été les seuls à me donner de l'affection et de la tendresse, alors que j'en avais si cruellement besoin.

Quand je vois des animaux maltraités je me retrouve comme devant la porte de cette salle de bain à mes 6 ans, et je suis les chatons que l'on va faire mourir.

Je répète que ce n'étais pas un procédé barbare à l'époque, la stérilisation n'était pas la norme et mon père n'était pas spécialement satisfait d'éliminer ces boules de poils. A chaque portée on en laissait toujours un à la mère.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais la maltraitance des animaux est une sorte de "classique" des récits de maltraitance incestueuse.
Dans tous les récits que j'ai lu figure un meurtre cruel d'un chaton, d'un chiot ou d'un rongeur par l'agresseur de celle qui raconte. 
Dans mon cas c'était un acte "nécessaire" pour ne pas être envahis de bouches à nourrir. Cette épisode m'a marqué intensément, parce qu'au fond, moi aussi on m'a assassinée derrière une porte, sans témoins. Je me suis souvenue de cet épisode et de sa charge dramatique pendant ma thérapie.

Les enfants

Les enfants tiennent une place à part dans ma vie. Je n'ai jamais voulu en avoir, car je ne les supportais pas : j'ai bien intégré la façon dont nous traitait notre mère.

Pour autant, je m'identifie immédiatement à un enfant que j'entends pleurer. Lorsque je vois un enfant se faire gronder, j'ai l'impression que c'est moi qui me fait engueuler et je me sens mal ! Pendant mon travail sur ce qui m'est arrivé, je me suis retrouvée petite, j'ai revu des situations de violence, de brimades, j'ai tellement pleuré. Je me retrouve donc systématiquement dans les pleurs des enfants : je ressens à nouveau cette impuissance que révèle leurs pleurs.
Car les enfants vivent dans l'instant présent et toute la difficulté de l'éducation est de leur faire accepter la frustration.

J'habite à côté d'une école primaire et alors même que je n'ai pas d'enfant, il me semble que j'arrive à déceler la nature du désespoir de la gamine que j'entends pleurer : si ce sont des larmes de frustration, indispensables à la limitation de ses désirs, ou si le parent n'explique pas ce qui se passe à sa gamine et ce sont alors des pleurs de colère et d'impuissance.

Pour tout dire, entre jalousie et empathie,  je préfère ne pas fréquenter les enfants.

Je pense que la plupart des gens font des enfants parce que ça se fait, sans vraiment évaluer la charge que ça représente. Beaucoup de femmes font des enfants pour jouer à la poupée.

Je sais aussi d'expérience que pas mal d'incestées font des enfants pour se réparer, considérant qu'elles pourront offrir à d'autres ce dont elles ont été privées. Si l'on prend en compte le fait que les incestées se mettent en couple souvent avec d'anciens enfants qui ont eux aussi été maltraitées ou qui ont été témoins d'inceste, dans tous les cas, faire des enfant est l'occasion de revivre son enfance, et le problème c'est la conscience que l'on a de son propre passé.

 Une thérapie ? 

Ce qui a fonctionné pour moi est d'avoir trouvé une amie qui possédait à la fois l'intuition et les connaissance en psychologie.

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 Faire son chemin seule,

Récemment j'ai réalisé que même si j'avais les moyen de me payer tous les coaches et les thérapeutes du monde, je serai toujours déçue

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 S'appuyer  sur  ses  émotions 

L'être humain est gouverné par les émotions, il est profitable de les apprivoiser

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